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ITW, Celine van Heel

  • il y a 2 heures
  • 4 min de lecture
© Celine van Heel
© Celine van Heel

On peut le dire sans détour : le grand-père de Celine van Heel, Andrés, a toujours vécu comme on signe une entrée, avec panache ! Toujours hâlé, impeccablement vêtu, un verre de whisky dans une main, une cigarette dans l’autre, et cette élégance nonchalante de ceux qui ne s’excusent jamais d’aimer la vie. Pour Celine, il est plus qu’un aïeul : un manifeste. Un modèle. Celui qui lui a appris à saisir l’instant, à prendre la vie à bras-le-corps.


Dans un univers, celui de la photographie de mode, où la jeunesse et la perfection lissée règnent en dogme, Celine van Heel impose une autre narration. Née à Athènes, d’ascendance espagnole et néerlandaise, elle n’embrasse la photographie que récemment, portée par l’aura magnétique de son grand-père de 91 ans, devenu l’un de ses sujets.


Son regard capte l’excès, l’outrance, les instants suspendus à la frontière du réel. Elle dérange les codes établis, bouscule l’esthétique attendue, interroge la notion même de beauté dans l’image de mode.

Alors, où se situe son travail dans le paysage de la photographie de mode contemporaine ? Peut-être précisément là où on ne l’attend pas : dans la famille. Là où l’authenticité supplante la perfection. Et il n’en n’a pas fallu plus à bôme pour en vouloir savoir plus…


Karina Vigier : Pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore, comment vous présenteriez-vous ?

Celine van Heel : Je suis photographe, réalisatrice, chanteuse et manager de mon grand-père.


KV : Qu’est-ce qui vous attire dans cet univers si particulier de la photographie de mode ? Y a-t-il eu un moment précis, une image ou une rencontre qui a déclenché cette envie de travailler dans la fashion industry ?

CVH : Tout a commencé grâce à mon grand-père. Il a été mon premier mannequin, ma muse éternelle. Ce qui m’attire dans l’univers de la mode, c’est la liberté d’expression : raconter des histoires inédites, s’amuser, pleurer, provoquer des émotions. Quand la mode raconte des histoires et montre le monde sous un autre point de vue, c’est là que je l’aime le plus. Je n’aime pas la mode juste pour habiller les gens.


KV : En plus de la photographie, vous êtes aussi chanteuse. Comment la musique est-elle entrée dans votre vie ?

CVH : J’ai toujours chanté à la maison. J’organisais des petits spectacles dès mon plus jeune âge, juste devant ma famille. Je jouais du piano… puis un soir très tard dans un bar, un producteur m’a découverte.


KV : Que vous apporte la musique que la photographie ne vous apporte pas, et inversement ?

CVH : La musique m’apporte des émotions que la photographie n’atteindra jamais. Elle peut facilement me faire pleurer.


KV : Vous êtes la petite-fille de “The Spanish King”. Comment définiriez-vous votre relation ? Avez-vous toujours été proche de lui ou est-ce une relation qui s’est construite avec le temps ?

CVH : On a toujours été très proches. Je ne le vois pas comme mon grand-père. Pour moi, c’est un ami, un confident, un mentor.


© Celine van Heel
© Celine van Heel

KV : Voir votre grand-père devenir mannequin à plus de 90 ans, un âge où l’on est souvent invisibilisé, est-ce avant tout une chance, un symbole ou un combat ?

CVH : C’est toujours un combat. Si tu veux, tu peux. Il faut être actif, sûr de toi, et ne pas se soucier de l’avis des autres. Mais sortir de chez soi à 90 ans demande un effort : il faut le vouloir.


KV : Selon vous, est-ce une manière de montrer que l’âge n’est pas un frein, mais une force ?

CVH : Exactement. L’âge apporte une force : celle de toutes ces années d’apprentissage dans la vie. Tu dois montrer l’exemple.


KV : Votre grand-père se considère-t-il comme un grand-père stylé ?

CVH : Oui, même trop. La sûreté qu’il a en lui-même n’est pas normale… Je lui envie cette confiance. J’aimerais être comme lui. Il se sent comme la personne la plus stylée au monde.


KV : On vous suit tous les deux à travers les réseaux sociaux, notamment à l’occasion de campagnes pour de très belles marques comme Zara, Zalando ou encore Rendel. Comment vivez-vous cette nouvelle visibilité ?

CVH : On est très contents de donner de la visibilité aux personnes âgées, de montrer que les rides sont belles. Mais ce qu’on aime le plus, c’est créer le contenu, imaginer les campagnes. Une fois que c’est publié, ce n’est plus à nous d’être aimés. Si nous on aime ce qu’on fait, c’est suffisant.


KV : Y a-t-il un projet musical ou artistique que vous rêvez de concrétiser prochainement ?

CVH : Si je peux continuer à créer de la musique toute ma vie, ça me suffit. L’avis des autres ne m’affecte pas. C’est mon grand-père qui m’a appris ça. Si un jour j’arrive à remplir des stades, tant mieux, mais ce n’est pas une question de vie ou de mort. L’important, c’est d’aimer ce que tu crées et de profiter au maximum du processus créatif, pas de l’avis des autres.


KV : Et rien que pour nous et nos lecteurs : avez-vous un fashion scoop à nous confier ?

CVH : J’ai une passion anormale pour les chapeaux...


KV : Un projet à venir, une collaboration rêvée ou un shooting encore secret ?

CVH : J’aimerais que mon grand-père travaille un jour avec Quentin Tarantino.


© Celine van Heel
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